Jardins partagés, Espaces libres et écologie sociale
Par hugues • 19 nov, 2009 • Catégorie: Expérimentations, Île de France •
Comment l’éphémère peut-il se perpétuer dans le temps, comment se structurer sans s’instituer ? La pratique des jardins partagés par l’occupation des interstices urbains constitue un « travail de la culture » dans tous les sens du terme. Comment qualifier cette structuration végétale solide et fluide, construite et souple, localisée et mobile. Comment qualifier ce réseau d’initiatives, « jardins solidaires », « jardins naturels », « jardins pédagogiques », etc. doit-il aller vers une labellisation ou au contraire échapper à toute formalisation comme « espace incertain » ?
Problématique
En quoi ce travail de la culture interroge le « culturel » de part ses modes participatifs de construction en situation (« Art public contextuel », « auto réalisation d’œuvre commune », etc.). Entre culture rhizome et culture patrimoniale, s’agit-il d’une réappropriation du quartier à travers la composition de cette nouvelle cartographie mentale ?
La pratique urbanistique a bien du mal à penser en tant que tels ces espaces et leur développement, à s’arracher d’un modèle qui ne conduit à saisir l’interstice que comme une forme marginale alors qu’elle est centrale.
En cela, il y a une différence entre aller de lieu en lieu et aller d’espace en espace. Le lieu est le point de jonction entre une coordonnée géographique, une histoire et une fonction. L’espace n’a ni coordonnée, ni passé, ni fonction. L’interstice comme écosystème de rencontres crée de la mobilité et la mobilité crée des centralités. Le centre est là où se passent des croisements d’expériences voire d’expérimentation. L’interstice provoque des « centres culturels », mais ceux-là ne sont plus dans le rapport centre/périphérie qu’impose une pratique des lieux consacrés, mais dans un rapport centre à centre quel que soit le lieu où s’établissent ces centres.
Il existe à ce titre une correspondance entre disponibilité des personnes et disponibilité de l’espace : des espaces délaissés ou en friches, des espaces fluctuants, désinvestis d’un usage privé deviennent collectifs sans obligatoirement acquérir un statut public. L’interstice nous convie à une approche de la complexité. Beaucoup de choses se passent dans les interstices à travers cette liberté plus grande. La ville devient de nouveau accessible par les espaces. Ainsi nous pourrions appeler « pratique de l’espace » ce lien d’inter-influence dynamique entre espace mental, espace social et espace territorial.
Ce programme s’inscrit dans la continuité des journées « Interstices » et le travail engagé dans le 18ème arrondissement par le LISRA.
Méthodologie
Travail sur les pratiques de l’espace et les formes de déambulation entre réseau « adhérent » (valeurs crées dans la circulation) et « non adhérent »(simple déplacement d’un point à un autre).
Si la déambulation provoque des espaces de rencontres tout au long du parcours, ce réseau est un vecteur de création culturelle : il permet à des formes nouvelles de sociabilité d’émerger. La mobilité n’obéit pas toujours à la rationalité géographique de la pensée stratégique de la trajectoire. C’est ce qui fait le principe et le charme du parcours lorsque les rencontres deviennent une modalité principale de l’expérience.
Référent acteur/chercheur : Vincent ARMENGOL – v.armengol@actionvertlavenir.com, sociologue
En partenariat avec l’association Action Vert l’Avenir (ce collectif pluridisciplinaire (sociologue, urbaniste,…) réalise des diagnostics territoriaux et met en place des actions concrètes visant à intégrer au mieux la ville dans la nature).
hugues est Chercheur en sciences sociales Coordinateur du LISRA
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