Nous considérons l’atelier, comme un des outils au service du « Travail de la Culture ». C’est-à-dire une situation capable d’engendrer un « développement durable » à la condition qu’elle soit d’abord appréhendée comme un écosystème complexe. C’est une situation humaine qui ne peut être réduite à une dimension uniquement pédagogique, artistique, ou sociale… Et c’est précisément parce qu’elle regroupe toutes ces dimensions que l’atelier tire sa pertinence comme outil de travail.
Problématique
L’addition des « projets Culturels » de ces dernières décennies a dessiné des contours bien flous au rôle assigné à la Culture. Parmi eux, la notion d’atelier, bien que loin d’être récente, s’est développée sur de nombreux territoires et dans de nombreux contextes. Entre fonctions sociales ou artistiques, nécessité économique et régime social affilié, séminaires pédagogiques, les enjeux que soulève la situation « Atelier » restent néanmoins difficiles à saisir.
Habituellement nous sommes dans une division du travail de la culture séparant les processus en secteurs qui brisent la systémique évoquée plus en faut (par exemple entre sensibilisation, transmission, création, diffusion) en autant de lieux d’activité : sensibilisation aux structures socioculturelles de proximité, création aux structures culturelles consacrées (scène nationale par exemple), transmission aux lieux spécialisés (conservatoires, école), diffusion en sectorisations des publics (SMAC, théâtre, festivals, etc.).
Concevoir l’atelier comme unité économique, c’est redéfinir la chaîne du travail entre formation, professionnalisation et marché. L’atelier devient alors un maillon prépondérant de cette chaîne comme lieu de redéfinition et d’expérimentation. Ce n’est pas le lieu d’une activité sectorielle mais une plate-forme de travail intersectorielle.
La notion d’espace intermédiaire représente une autre façon de qualifier cette plate-forme en « unités de petite production » comme un entre-deux entre amateur et professionnel, économie marchande et non-marchande, statut déclaré et statut précaire. Plate-forme indique un espace d’échanges et un mode de réappropriation de son parcours où l’on se donne la possibilité de construire sa vie autrement.
Pour travailler sur cette complexité nous avons dégagé une première série de notions clefs (problématiques de travail) entrant en synergie :
Une situation humaine d’échanges horizontaux, une complexité nécessitant une approche systémique, un espace intermédiaire d’autoformation et de transfert de compétences, un lieu de production interrogeant le rapport au travail et la division du travail de la culture travail, l’espace esthétique d’un art participatif, contextuel ou s’exerce un travail symbolique, Un espace public de publicisation des travaux où s’exerce un agir communicationnel, un outil de développement territorial instaurant comme écosystème de nouvelles centralités et nouvelles circulations en réseau et en rhizome…
Méthodologie
À partir d’un travail d’enquête auprès des formes d’intervention artistique en atelier dans les Pays de la Loire, nous essaierons de dégager une configuration « idéal-type » d’une situation d’atelier qui servira de base comparative entre ces différentes expériences.
Cette démarche de recherche-action impliquera à travers des récits de parcours d’expériences les différents protagonistes pour les engager à construire des enjeux publics autour des problématiques transversales qui se dégageront (journée d’étude, plate-forme ressource, etc.)
Organisation
Référent acteur/chercheur : Antoine QUENET-RENAUD – antoine@recherche-action.fr, intervenant artistique, animateur du LISRA pays de Loire
