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  LISRA

    Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action
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Université populaire de Paris VIII

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15 : 58
29-09-2009


Hugues Bazin

Admin

messages 26

Je vois que tu arrives à être connecté même dans le train. Je n’ai pas d’ « objectifs », j’essaie simplement de comprendre, c’est quoi une « université populaire ». Quant au forum, il est là justement pour que les acteurs du LISRA (et d’autres) s’expriment, donc je leur laisse la parole. Je pense quant à moi avoir été suffisamment clair et précis dans mes questions. Comme je le dis souvent, le problème n’est pas de ne pas être d’accord mais de s’entendre sur quoi on n’est pas d’accord. C’est la coupure actuelle (pour ne pas dire rupture) entre l’éducation populaire classique et une nouvelle génération d’acteurs, il n’y a même pas de zone de conflit car il n’y a plus de langage commun. C’est un fait objectif que j’ai pu hélas maintes fois constater, alors peut-être ce forum pourra créer un peu de ce débat qui n’existe pas ailleurs. J’avais écrit un article il y a quelque temps sur ce thème dans la revue AGORA : « les enfants non reconnus de l’éducation populaire » (disponible aussi sur biblio-RA), je ne vais donc pas me répéter.

14 : 11
29-09-2009


Nicolas Fasseur

Admin

messages 3

Le 28 septembre 2009 dans le train Paris Arras

(J'ai l'impression que nous allons être désolés régulièrement tout le long de ce forum), donc désolé mais je n'ai pas donné une liste d'auteurs mais j'ai simplement tenté de baliser le champ théorique où s'inscrit la démarche de l'u2p8 et les noms entre parenthèses sont ceux de mes collègues de Paris 8 travaillant avec moi sur ce projet et cela explique l'absence d'Hamelin lorsque j'ai balayé le champ théorique, Christian a été membre de Peuple et Culture et peut être encore actuellement. Cependant, je connais ses travaux d'ailleurs très intéressant notamment son approche des histoires de vie et cette vision très « barbienne » de la recherche-action, tout cela, dans la grande tradition de Desroche et du collège coopératif. Je connais bien ce dernier car je collabore à la création du DHEPS de Paris8 et je suis moi-même directeur de recherche dans celui de Paris3. Et évidemment, le collège est un des partenaires privilégiés de l'u2p8 notamment dans les articulations entre le DHEPS, le DUFA, … dans le cadre plus global de la filière « éducation populaire » de Paris8. La question de l'écriture est, bien entendu, centrale et travaillée à l'u2p8 depuis longtemps, cependant, je ne donnerais pas plus de détails sur la démarche pédagogique même si j'ai déjà donné le menu précédemment. En effet, je m'interdis d'afficher trop vite ce processus pédagogique (terme plus adapté à l'u2p8 que celui de démarche) tant que ce processus n'a pas de réalité concrète. De plus, tu écris : «cela ne semble pas vraiment les intéresser d'obtenir ce type reconnaissance ». Déjà, laisse les acteurs du LISRA juger du fondement de cette opportunité. Ensuite, si cela ne t'intéresse pas alors pourquoi en discuter dans ce forum ? Quel est ton objectif?

Le 29 septembre, de retour à Paris.

Tu as eu le compte rendu de l'Assemblée constituante de l'u2p8, il a été envoyé le 8 septembre puis il t'a été réexpédié le 25 septembre. Il est aussi sur le site : http://groups.google.fr/group/u2p8 dans la zone fichier.

A bientôt

Nicolas Fasseur


9 : 48
28-09-2009


Hugues Bazin

Admin

messages 26

(à Nicolas Fasseur) Je suis désolé, mais cela ne répond pas vraiment à mes questions. Tu listes quelques auteurs, c’est très bien, mais une addition d’auteurs ne fait pas une démarche. Je pense par exemple à Christian Hermelin et ses ACORA (Ateliers Coopératifs de Recherche-Action) qui pourrait tout à fait se revendiquer de la même liste d’auteurs. D’une manière générale en quoi vous distinguez-vous de l’offre des collèges coopératifs qui pourraient tout à fait intégrer votre proposition dans leur catalogue de formation ? La différence c’est qu’eux sont en convention avec des universités et que votre initiative par de l’université elle-même ?
Est-ce qu’il existe des éléments écrits complémentaires présentant votre démarche ainsi que le compte-rendu de votre assemblée constituante ? D’autre part, sur un plan méthodologique, le cursus qui amène à une équivalence BAC+2 passe inévitablement par un écrit, comme est géré ce rapport à l’écrit ?
Sans oublier, comme le souligne Nicolas Guerrier, que le parcours d’expérience des acteurs-chercheurs du LISRA (qu’il soit diplômé ou non) est bien supérieur en termes d’équivalence universitaire à un BAC+2  (voir même BAC+4) et cela ne semble pas vraiment les intéresser d’obtenir ce type reconnaissance ; tu demandes aux membres de LISRA de venir s’inscrire pour « capitaliser et valoriser » leur expérience, mais c’est déjà ce que fait le LISRA ! S’il le fait en dehors de tout cadre institutionnel, tu doutes bien que ce n’est par hasard.
Et nous pourrions inverser la proposition et dire aux universitaires, aux cadres de l’éducation populaire, etc., venez nous rejoindre au LISRA pour réfléchir sur le rôle de la connaissance dans la société néocapitaliste !
Sur le rapport de l’instituant à l’institué et sur la difficulté pour l’institution de travailler avec les formes d’organisation instituante, cela me rappelle la discussion que j’ai déjà eu avec justement le collège coopératif et Christian Hermelin après journée d’étude du 12 décembre 2008 à l’Injep.
Christian parlait des acteurs de notre réseau : « les acteurs de l’espace populaire représentent, à ce que j’ai pu en apercevoir, un foisonnement d’initiatives, imaginatives, parfois brouillonnes qu’il s’agit bien de recevoir comme telles avec toutes leurs richesses, en leur laissant latitude de trouver les formes qui leurs conviennent, avec le temps nécessaire et une diversité de résultats. Pour nous, il y a certes une approche analogue, mais analogue ne veut pas dire « semblable » et nous sommes plus enclins à donner du corps à des démarches, par des équipements, des outils, chaque fois réinventés mais puisant dans un fonds commun. » (L’ensemble de sa réaction est visible ici.
Christian opposait le caractère non institué de notre réseau à l’institution  Collège Coopératif. Sauf que quelques jours plus tard nous créions  le Laboratoire d'Innovation Sociale par la Recherche-Action, prouvant que nous sommes plus dans l’institutant que dans le non-institué, que nous pouvons être très structurés sans adopter une forme juridique de regroupement. Or, l’expérience montre qu’il est très difficile dans ce pays d’accepter ce type d’organisation. Il faudrait trouver l’espace et le temps pour développer et approfondir cette question, car si à mon avis il peut avoir collaboration entre l’u2p8 et le LISRA, c’est sur cette articulation entre l’instituant et l’institué.

1 : 45
28-09-2009


Nicolas

Tulle

Admin

messages 13

Aujourd'hui nous avons eu une petite réunion avec 2 collaborateurs à Tulle, car nous sommes interrogés par des questions de structuration. Nous avons donc jeté quelques bases pour la création d'un lisra limousin (qui aura peut être un nom propre un jour, bien que celui là ne soit pas sal du tout).

Et après avoir définit les premiers éléments concrêts de contenu de notre démarche (rédaction collective d'un document de compilation de notre travail depuis un an comme fondemement du labo local, création d'un journal du laboratoire pour publier les travaux de recherche des chercheurs-acteurs locaux en plus de site, et ouverture de journée de formation-action pour le partage de ces mêmes travaux dans l'espace public sous une forme de séminaire thématique, dans un premier temps), nous avons comme souvent buté sur la forme à donner.

La question est: faut-il rester sous la chapeautage des structures d'éducation populaire (c'est notre cas actuellement juridiquement), ou faut-il monter une structure indépendante?

Nous sommes évidement bien plus excités à l'idée de créer notre structure indépendante qu'à tomber dans les panneaux de la vieille éduc pop et toutes ses rivalités historiques.Tout en gardant des partenariats pertinents.

Pour apporter quelques eaux à ce moulin, je pense que l'exercice d'un travail collectif et autonormé est une expérience hyper enrichissante, une expérimentation grandeur nature et qui permet de respirer bien mieux qu'encroutés dans une structure existante et déjà normée.

En cela, si ce projet d'U2P8 donne lieu à un espace singulier, d'expérimentation et de production pour des chercheurs-animateurs ca peut être une démarche intéressante à suivre.

Après, que Paris 8 retrouve ses origines populaires, ca m'est un peu égal. Ce qui me semble important c'est que les gens au sein de l'u2p8 se construisent un endroit et une démarche émancipatrice. J'entends l'émancipation comme la raison d'être de l'éducation populaire; au sens premier, non labellisé.

Par exemple, un joli renversement, serait que ce soient les acteurs (universitaire ou non) eux mêmes qui ouvrent leur espace de recherche, et que ce  soient les profs qui viennent à leurs bancs, dans un rapport égalitaire et enrichissant pour chacun. (En envisageant l'expérience d'un universitaire comme celle d'un non universitaire, c'est à dire moins par son savoir, que par les liens entre les différentes strates de son expérience, son savoir universitaire étant l'une d'elles)


Enfin, petite critique: j'ai un bac+5, je suis en recherche, j'expérimente un rapport non utilitariste à la rue quand je monte sur mon vélo, une construction de lieux de pratiques qui me semble troubler les cartes de la propriété et des formes labelisées, des voyages avec un groupe de musique qui traverse encore d'autres lieux… je vois un lien direct entre mon vélo, ma guitare, les squatts, la propriété (c'est le vol) chez Proudhon, les singularités de Baudrillard et la psychogéographie de Debord, j'ai envie de trouver un espace pour faire vibrer ces recherches, suis-je autorisé à venir sur les bancs de l'u2p8 malgré mon diplome?

Car je ne pense pas être moins acteur populaire qu'un autre selon que j'aurais plus de diplômes. Justement, une partie de ce qui fonde l'acteur populaire, c'est ses compétences sur des champs multiréférentiels, sa capacité à faire un travail de connexion entre différents univers. On se retrouve dans ces interstices (que l'ont crées nous mêmes) car ce sont un des rares espaces où exprimer notre cohérence. Je ne valorise pas non plus le diplôme plus que son absence, mes années d'études sont simplement une des couches de ce millefeuille d'expérience, au même titre que d'autres… Et c'est ce millefeuille qui a du mal à rentrer dans les feuillets bien rangés des institutions existantes. Ce serait donc dommage de refuser les personnes diplômés sous pretexte qu'elles n'ont pas le profil « educ pop »… Viser uniquement les non diplômés ca sonne un peu discrimination positive, et ca sous entend qu'ils ont besoin de l'université populaire. Alors que c'est peut etre finalement l'université populaire qui a besoin d'eux.


Hormis ce point qui me gène un peu, c'est une affaire à suivre, et Nicolas, si tu as plus de docs, n'hésites pas à les faire suivre sur la liste du lisra. Bon courage!


http://blog.recherche-action.fr/nicolasguerrier/

8 : 06
25-09-2009


Nicolas Fasseur

Admin

messages 3

Déjà et pour bien commencer, il ne s'agit pas de « mon » projet mais d'un travail d'équipe entamé depuis près de deux ans où je suis le responsable pédagogique. D'ailleurs, dans celle-ci, tu retrouveras Frédéric Chataignier travaillant sur la question de l'implication politique des nouvelles formes de l'éducation populaire plus précisément dans les universités populaires. Cette connaissance fine de cette question nous a permis de mieux nous situer dans cette multitude de formes d'UP. L'u2p8 a trois particularités majeures :

  • Elle est issue de l'Université;
  • Elle propose un diplôme en fin de cycle;
  • Elle axe son travail essentiellement sur la recherche.

Concernant la démarche pédagogique, nous travaillons cette question très importante depuis le début car cette dernière est sans doute à l'origine de l'u2p8. En effet, grosso modo, cette démarche se situe aux confins de cinq approches pédagogiques différentes mais pas complètement éloignées.

  • Le champ de l'autodidaxie (C. Verrier);
  • Le champ de la recherche-action existentielle (R. Barbier);
  • Le champ de l'approche critique des histoires de vie (J-L. Le Grand);
  • Le champ de l'anthropologie politique de l'éducation populaire (F. Chataignier; N. Fasseur);
  • Le champ de l'écrit et du rapport à l'écriture (Y. Moulin).

Ce « nous » correspond principalement à l'approche freirienne ou plus précisément à la conscientisation (tout le monde sait quelque chose et nous pouvons le partager), approche bien différente des pratiques de guichet (je sais et tu ne sais pas et donc je vais t'apprendre).

Si toutefois, les toutes premières rencontres se déroulent à Paris VIII, l'u2p8 est prévue pour fonctionner ailleurs, hors des murs de l'université notamment chez des partenaires pouvant nous accueillir. Les partenariats sont calés par une convention d'échange mutuel dans le but de mettre les moyens nécessaires et suffisants pour construire cette u2p8.

Enfin, cette université populaire et plus globalement la filière de l'éducation populaire de Paris VIII est un retour vers les débuts vincennois de Paris VIII (accueil des salariés, des non bacheliers, …) dans le but avoué de remettre en question l'approche actuelle de Paris VIII. De plus, cette filière est un acte politique dans le sens où elle contribue au renouveau de l'éducation populaire (dixit Peuple et Culture lors de sa dernière AG).


11 : 26
24-09-2009


Hugues Bazin

Admin

messages 26

Je sais que tu as évoqué plusieurs fois ton projet, mais comme je l’ai dit, le partenariat c’est autre chose, c’est la possibilité de chacun de travailler à égalité sur le projet de l’autre. C’est pour cela que je t’avais demandé de réagir sur le rapport entre journée interstice et université populaire.
Le terme d’ « université populaire » conduit lui-même à des confusions, dans tous les cas, il recouvre des réalités bien différentes. Il y a plusieurs approches, dans laquelle s’inscrit la vôtre et en quoi diffère-t-elle des autres ? Concernant le contenu pédagogique, le cadre et le fonctionnement concret, je n’ai pas vu de documents sur la liste de ton groupe google ou ils ne sont pas accessibles, donc si tu as des documents méthodologiques et théoriques sur votre démarche, tu pourrais les mettre sur le forum (maintenant que tu maîtrises bien !) ou nous les envoyer sur la liste du LISRA. Nous pourrons comme cela entamer la discussion sur le fond.
Tu dis par exemple qu’ « il n’y a pas de cours, pas de professionnel ni d’intervenant car chacun amène ses connaissances, ses expertises… que nous partageons afin de construire un processus d’autoformation collective. Et donc, la meilleure façon d’y intervenir est de s’y inscrire ! » OK, mais quel est-ce « nous », ce n’est pas non plus par hasard si cela se déroule à Paris VIII, quels sont les autres partenaires et quels types d’articulation avec le cadre institutionnel ? Ensuite, même s’il s’agit d’une « autoformation collective » il y a bien une méthodologique de travail avec un protocole puisqu’il s’agit d’aboutir à une validation universitaire, est-ce que cela s’approche d’un DHEPS allégé ou une passerelle vers un DHEPS ? Est-ce une démarche de type recherche-action et dans ce cas quelle famille de recherche-action car il en y a plusieurs ?
Enfin sur la philosophie de la démarche, tu le dis sur ton blog, l’université populaire de Paris VIII (« U2P8 ») est « une projection d’universitaires, militants-chercheurs dont l’objectif est d’atteindre des personnes les plus éloignées de l’université pour les amener peu à peu sur les bancs de la fac ». Faut-il amener les personnes à la FAC ou transformer la FAC ou créer d’autres lieux de production de connaissance ? Autrement dit, la connaissance sert-elle une reconnaissance, un statut ou une transformation sociale ?
Voilà des questions parmi d’autres, je propose de poursuivre le débat sur ce forum

8 : 34
24-09-2009


Nicolas Fasseur

Admin

messages 3

Bonjour à tous,

dans le prolongement de la journée du 2 juillet à la Goutte d'Or, j'ouvre ce sujet pour discuter avec les chercheurs-acteurs du LISRA sur la question de l'Université populaire expérimentale de Paris VIII (u2p8).

Dan un mail envoyé ce matin à Hugues, j'indiquais : « [L'université populaire est] dans un processus pédagogique très différent du modèle habituel pratiqué à l’université. En effet, à l’u2p8, pas de cours, pas de prof ni d’intervenant car chacun amène ses connaissances, ses expertises, … que nous partageons afin de construire un processus d’autoformation collective. Et donc, la meilleure façon d’y intervenir est de s’y inscrire ! »

En effet, je vous invite fortement à rejoindre cette expérience car elle est peut être ce moment de capitalisation, d'échanges et de valorisation de ce que vous produisez quotidiennement au sein du LISRA (voir l'article entre interstice et université populaire).

Pour plus dinfo, je vous invite à visiter le google groups de l'u2p8.

Qu'en pensez vous ?

A bientôt

Nicolas


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