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  LISRA

    Laboratoire d’Innovation Sociale par la Recherche-Action

Charte

Les participants à la plate-forme recherche-action souscrivent aux principes suivants et œuvrent activement à leur promotion et leur développement.

Coopération

La coopération est une forme d’associations symbiotiques dans lesquelles les relations entre partenaires tendent, pour les uns comme pour les autres, à un équilibre entre les profits et les pertes, ou sont favorables à l’un des partenaires sans nuire sensiblement à l’autre.

La coopération repose sur le volontariat, l’égalité dans les décisions, le partage des bénéfices en termes d’outillage d’analyse et d’expertise, de production de connaissance, d’économie de développement. Les coopérateurs acceptent de s’investir régulièrement pour le bien commun dans des dispositifs collectifs de travail  comme la plate-forme de Travail Coopératif à Distance  ou des Ateliers de Recherche-Action, sachant qu’ils pourront réinjecter le fruit de cette intelligence collective dans leurs projets spécifiques (principe « open source »). Le poids du coopérateur dans les décisions collectives n’est pas lié à son statut ou son ancienneté mais à la cohérence de sa démarche répondant aux principes de la recherche-action, et son degré d’implication dans une logique coopérative. Il n’est pas en représentation ou en délégation. Il n’y a donc pas de fonctions assignées, chacun doit négocier son mode d’investissement en lien avec ses désirs, ses compétences, son environnement socioprofessionnel. Enfin, selon l’idée de réciprocité, la coopération est un échange où les projets des uns et des autres ne sont pas en concurrence ou additionnés de manière sectorielle mais interagissent au bénéfice d’un intérêt collectif. Par conséquent, chacun se réserve un droit de regard sur le projet de l’autre et accepte de se laisser questionner en retour.

Principe « open-source »

Le « code source » (connaissances, méthodologie, dispositif, démarche) est appropriable par tous sans qu’une personne ou un groupe ne puisse se prévaloir d’un droit de propriété.
Chacun peut y contribuer et l’enrichir. Chacun peut le diffuser, le réutiliser, l’adapter et le transformer dans ses pratiques et ses projets à condition qu’ils n’entrent pas en contradiction avec les valeurs et la démarche propres à la charte et respecte les conditions de cession de la propriété intellectuelle généralement couverte par des licences de type « copyleft » Ce terme englobe l’ensemble des licences laissant tout ou partie des droits au public recevant l’œuvre, par exemple la Creative Commons licence qui régit cette plate-forme Internet. Pour cela chacun doit veiller à ce que ce « code-source soit suffisamment accessible, transparent, transversal, généralisable pour être utilisé dans des applications variées par des acteurs parfois très différents.

Libre association

Il ne peut avoir d’intelligence collective sans libre association plaçant l’humain au centre. Dans un fonctionnement en réseau, chacun peut se prévaloir d’une centralité en tant que nœud de rencontres et d’échanges mais ne peut prétendre représenter l’ensemble du réseau et décider pour les autres. Chacun est considéré comme sujet autonome, auteur de sa pratique et de son discours et ne peut parler qu’en son nom propre.

Cette organisation non hiérarchique et non linéaire reprend le principe de complexité et d’organisation neuronale, de la navigation libre, favorisant par associations et correspondances, renvois multiréférentiels, la mise en lien inédit des idées et des concepts tout en permettant d’inclure ces composantes dans une unité cohérente visible. La plate-forme et les autres dispositifs en recherche-action sont dans ce sens des « organisations complexes » qui résistent au réductionnisme d’une approche analytique classique séparant les éléments et divisant l’humain en autant de « morceaux » ou au contraire,  être abordées sous une forme totalisante qui définirait sous une identité unique l’appartenance des membres de la « communauté des coopérateurs ».

Paroles en acte

La prise de parole en recherche-action ne peut se résumer un discours de position, d’intention ou de rhétorique, c’est une « parole en acte », dans le sens où elle est toujours liée à un processus effectif de transformation individuelle et sociale. Bien souvent ceux qui  prennent la parole ne sont pas engagés dans un processus et ceux qui le sont vraiment, n’ont pas l’espace pour prendre la parole. Chacun doit veiller de proposer à ceux qui en éprouvent le besoin, l’espace où leurs questions puissent résonner librement de toute posture obligée, et réciproquement d’ouvrir grand le champ du possible pour que cette recherche se traduise en termes de créativité personnelle et d’innovation sociale. Cette exigence comprend une autre manière de penser et d’agir, une interrogation profonde sur la société, les modalités de l’engagement et de sa propre existence.

La recherche-action pose en cela comme enjeu central sociopolitique la production de connaissance selon des critères en sciences sociales. Ces deux aspects habituellement opposés, engagement et sciences, implication et réflexivité, non seulement ici ne sont pas vécus de manière contradictoire mais constituent le principe même de la démarche selon laquelle pour connaître une réalité, il faut participer à son changement. Cette relation indéfectible entre connaissance et transformation, conscience et mouvement, donne à la parole des coopérateurs une consistance et une responsabilité particulière.

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