Réseau Espaces Populaires
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Nous sommes des acteurs populaires issus des mouvements d’émergence. Nous n’avions pas d’autres choix d’être créatifs en réponse à la réalité sociale et culturelle actuelle. Nous cherchons à maîtriser le sens et la finalité de notre travail comme un travail exigeant de la culture, impliquant les individus et leur entourage dans un mouvement d’émancipation. L’innovation sociale autant que la créativité artistique constituent pour nous des modes de réponse à une insatisfaction profonde quant à notre place dans la société et la possibilité d’être agent de transformation. Nous sommes nous-mêmes issus de l’auto formation par l’expérimentation et pour la plupart, nous avons créé notre propre cadre professionnel car les modes classiques d’organisation ne correspondent pas à nos attentes, nos engagements et nos pratiques. C’est le signe d’une culture libre qui affirme ses valeurs de manière indépendante quant aux formes d’instrumentalisation institutionnelle ou de marchandisation de la culture. Pour les mêmes raisons nous ne nous définissons pas par rapport à une corporation socioprofessionnelle, un champ d’activité, une addition de disciplines, de pratiques ou d’esthétiques. Nos propres parcours incarnent cette capacité de jouer sur les frontières culturelles et socioprofessionnelles, de provoquer des interfaces inédites entre les champs d’activités. Nous refusons toute tentative de sectorisation qui cloisonnerait et restreindrait cette dynamique de mouvement propre aux émergences nées de situations ouvertes, transversales, interdisciplinaires. Ainsi, le réseau peut intéresser sans exclusive des animateurs, des artistes, des opérateurs et acteurs associatif du développement local, de l’économie solidaire, des travailleurs sociaux, etc. Finalement, toutes personnes qui se retrouvent dans une intelligence collective des situations, une approche interdisciplinaire et multiréférentielle. Sous l’intitulé « espaces populaires de création culturelle », nous essayons de répondre à cette exigence, de redéfinir une manière de travailler ensemble autour de la question des émergences issues de formes populaires (sociales, culturelles, artistiques, économiques). Ce n’est donc pas sans interroger certains champs historiquement institués comme ceux de l’éducation populaire et de l’action culturelle, ou plus récemment ceux des « musiques actuelles » et des « cultures urbaines ». Le propos du réseau n’est pas d’entrer dans un débat théorique mais plutôt de proposer à ceux qui en éprouvent le besoin, l’espace où leurs questions puissent résonner librement de toute posture obligée, d’ouvrir grand le champ du possible afin d’envisager sous un autre angle ses implications socioprofessionnelles. Composition & FonctionnementLe réseau « espaces populaires de création culturelle » met en relation des collectifs régionaux organisés selon le principe de recherche-action. Une coordination inter-régionale représente l’instance décisionnelle du réseau. Le réseau s’est doté d’une charte rappelant les valeurs et le principe de fonctionnement : placer l’humain au centre, non sa performance, libre association, coopération "open-source", interdisciplinarité favorisant une « intelligence collective », coopération et mutualisation des compétences, démarche de connaissance et de transformation par la recherche-action… Les personnes investies dans le réseau inter-régional ont entre 18 et 48 ans, la moyenne d’âge étant de 30 ans. La grande majorité vit en ville. Une très grande majorité (pour 80 %) a un rapport directement avec le tissu associatif comme bénévoles (40 %) et/ou comme salariés (40 %). Le cadre associatif joue aussi un rôle d’interface permettant d’intervenir sur plusieurs secteurs d’activités. Les deux principaux se répartissent entre l’animation socioculturelle pour 51 % et les métiers des arts et du spectacle pour 68 % avec donc une part importante de personnes travaillant à la fois sur les deux secteurs. Enfin, notons qu’un tiers des acteurs se lance parallèlement dans la création de leurs propres activités économiques.
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Méthodologie en recherche-actionLa recherche-action est un puissant outil de transformation, puisque la connaissance n’est pas le fruit d’une étude extérieure mais directement issue de ce processus de transformation à la fois individuel et social des acteurs qui y participent. Elle ouvre en effet des situations collectives de travail en connexion directe avec la réalité vécue Cette exigence comprend une autre manière de penser et d’agir, une interrogation profonde sur la société, les modalités de l’engagement et de sa propre existence. Une rigueur méthodologique n’est pas incompatible avec cette dimension populaire d’accueil, d’ouverture et d’accessibilité, où chacun est libre de venir forger ses propres outils pour tracer son propre parcours d’expérience. Pour ces raisons, les acteurs du réseau se sont appropriés le principe de recherche-action déjà parce qu’ils rejettent la parcellisation des actions et des savoirs, l’ordre hiérarchique des compétences, l’opposition entre savant et profane, expert et praticien, la verticalité des programmes, la linéarité des projets et tout ce qui contribue à emprisonner les processus, les mouvements, les forces vives (voir www.recherche-action.fr). Outils coopératifsLe « code-source » des procédures et des projets doit pour cela être suffisamment accessible, transparent, transversal, général pour être utilisé dans des applications variées par des acteurs parfois très différents. Le dispositif doit donc répondre à plusieurs exigences :
Les éléments de ce dispositif se déclinent sous plusieurs types de plates-formes coopératives :
Organisation inter-régionaleLe réseau met en relation des collectifs régionaux organisés selon le principe de recherche-action. Cette organisation régionale n’est pas obligatoirement une association 1901, cela peut être un collectif qui s’appuie sur des associations ou d’autres collectifs (c’est la configuration adoptée par le réseau sur le plan inter-régional). Nous entendons par « région », l’échelle territoriale pertinente selon les acteurs pour se regrouper et poser une cohérence de développement. Cela peut coïncider ou non avec les régions administratives. L’inter-régionalité se place au-dessus du plan national. Même si les acteurs du réseau sont pour l’instant essentiellement français, les problématiques de travail et le mode d’organisation du réseau sont de nature à accueillir un cadre d’échange plus large, déjà il s’exprime par la dimension interculturelle portée par ses membres et s’ouvrira plus encore nous l’espérons dans un sens européen, méditerranéen… C’est principalement sur ces deux plans, régional et inter-régional que nous avons pu vérifier le mieux la possibilité de répondre aux problèmes et poser des enjeux publics. Nous veillons en cela que les projets défendus par les collectifs régionaux dans le cadre du réseau possèdent une dimension inter-régionale. Nous vérifions le principe que tout projet local possède une dimension globale et réciproquement, toute approche globale et transversale s’enracine dans une réalité locale et particulière. En effet, si les réponses aux problèmes se situent sur un plan régional, les questions sont de nature inter-régionale. Les rencontres inter-régionales tous les 2-3 mois constituent l’instance de décision où sont optés les projets annuels selon des axes de travail transversaux. chaque région peut être tour à tour force invitante pour des rencontres inter-régionales. De même la coordination inter-régionale peut être répartie suivant les moments et les projets. Selon le principe de fonctionnement du réseau, la coordination inter-régionale n’est pas une fédération de structures ou d’associations. |

